Tension artérielle et fréquence cardiaque

Lors d'une situation d'urgence avec une victime consciente, il est fortement recommandé d'évaluer les paramètres vitaux. Dans cet article nous vous proposons de revoir comment évaluer la fréquence cardiaque et la tension artérielle, deux points très importants dans l'évaluation de la victime.

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Fréquence cardiaque

 

Qu’est-ce que la fréquence cardiaque ?

La fréquence cardiaque désigne le nombre de battements que le coeur effectue. Elle s'exprime en battements par minute (bpm).

Cette mesure sert d'indicateur pour mesurer la rapidité avec laquelle votre coeur propulse le sang vers les organes pour leur fournir de l'oxygène (voir article concernant la respiration) et des nutriments.

 

 

La fréquence cardiaque varie selon plusieurs facteurs, comme :

  • l'âge ;
  • l'activité physique (cette valeur doit diminuer au repos) ;
  • les émotions (stress, peur, excitation) ;
  • l'état de santé.

 

Comment bien la mesurer ?

Le pouls se mesure au poignet (artère radiale), au cou* (artère carotide), au pli fémoral* (artère fémoral) et au pied (artère pédieuse).

*uniquement pour les professionnels de la santé.

Attention : le pouls ne se prend jamais sur un patient inconscient.

 

 

 

 

 

La procédure est la suivante:

  1. Mettre la personne au repos avant la prise de mesure (ce point est très important).
  2. Toujours prendre le pouls avec les doigts index et majeur et non votre pouce (il y a un trop grand risque d'erreur). Si vous prenez le pouls avec le pouce, comme celui-ci est est très vascularisé, vous sentirez votre propre battement de coeur.
  3. Prendre le pouls au niveau du bras (au niveau de l'artère radiale) en appuyant dans le creux pour le sentir (relâcher et repositionner vos doigts si vous ne le sentez pas ou changer de bras). Calculer-le sur 15-30 secondes puis faite x4 ou x2 pour le calculer sur une minute. Si le rythme n'est pas régulier, nous vous conseillons de le prendre sur 30 à 60 secondes.
  4. Noter cette valeur sur votre fiche d'intervention. Par exemple, si votre cœur bat 36 fois en 60 secondes, votre fréquence cardiaque est de 72 bpm.

 

Quelles sont les valeurs de référence ? 

  • Chez un adulte au repos, la fréquence cardiaque normale est comprise entre 60 et 80 bpm. Pendant un effort physique, elle augmente pour apporter plus d'oxygène aux muscles, c'est pourquoi nous devons toujours prendre ce paramètre au repos.
  • Chez les sportifs, elle peut être inférieure à 60 bpm au repos, ce qui est souvent normal. Veuillez considérer ce rythme normal que s'il est asymptomatique ou bien documenté.

En dessus de 100 battements par minute, nous parlons de Tachycardie. 

Les symptômes de la tachycardie sont souvent : Palpitations, essoufflement, vertiges, nausées, transpirations, céphalée, évanouissements.

En dessous de 60 battements par minute, nous parlons de Bradycardie.  

Les symptômes de la bradycardie sont souvent : Des vertiges, une faiblesse ou des évanouissements.

 

  Formamed vous conseille d'appeler le 144 pour toutes les situations de malaises avec un    pouls trop lent ou trop rapide. 

 

 

La tension artérielle

 

Qu’est-ce que la tension artérielle ?

La tension artérielle se compose de deux éléments et elle se note avec deux chiffres, comme 120/80 :

  1. Le premier chiffre montre la pression quand le cœur se contracte, la pression systolique, qui est enregistrée lorsque la tension artérielle est à son maximum au cours de la contraction du ventricule gauche
  2. Le second montre la pression quand le cœur se relaxe, la pression diastolique, qui est mesurée lorsque la tension sanguine est à son minimum, lorsque le coeur est au repos entre deux battements.

 

Quelles sont les valeurs de référence ?

Les valeurs de référence peuvent être vagues. Cela dépendra des antécédents du patient ou de la victime et de ses valeurs habituelles (ex: une personne qui a une hypertension artérielle 140/80 mmHg habituellement et ce jour elle est à 100/80 mmHg. Ces valeurs seront faibles pour elle, même si cela reste dans la norme).

Veuillez toujours vous référer sur la valeur systolique qui se trouve en haut.

Normal : Une tension artérielle est généralement exprimée sous la forme 120/80 mmHg (à lire « 12/8 » en France).

Hypotension : En dessous de 90 mmHg (systole).

Les symptômes de l'hypertension sont souvent : Etourdissements, vertiges, fatigue soudaine, vision trouble, et des malaises, souvent lors du passage à la position debout. D'autres symptômes incluent des nausées, une pâleur, des sueurs froides et une confusion. Dans cette situation nous avons fréquemment un pouls rapide, qui peut être faible à la perception (ce dernier point n'est pas un critère fiable).

Hypertension : + 150 mmHg (systole) et +90 mmHg (diastole).

Les symptômes de l'hypertension sont souvent : Maux de tête, fatigue, nervosité, insomnie, saignements de nez, mouches devant les yeux, vertiges, douleur thoracique, essoufflement, confusion. Attention, l'hypertension peut également être silencieuse, c'est pourquoi les professionnels de la santé contrôle systématiquement ces paramètres vitaux.

 

 

A quel moment devons-nous mesurer la pression artérielle ?

Premier point très important, ne vous aventurez jamais à prendre ces paramètres vitaux sans avoir eu une formation de qualité. Deuxièmement, ces valeurs doivent être en lien avec les symptômes. Exemple, une personne venant vers vous avec des douleurs au ventre, une légère difficulté à respirer avec des paramètres de 125/83 mmHg et 82 bpm ne doit pas être considérée comme bénin, car il y a un point de l'ABCDE qui est problématique (Breathing, difficulté respirtoire). 

Une fois que vous êtes formé, Formamed vous conseille de prendre systématiquement la tension artérielle, sans retarder des gestes salvateurs, afin de travailler cette compétence de manière régulière. Vous trouvez ci-dessous une liste non exaustive des situations où la prise d'une pression artérielle est pertinente:

  • Avant tout transport d'une victime qui ne nécessite pas des soins d'urgence, sans problème dans l'ABCDE, afin de confirmer qu'elle va bien.
  • Lors de tout malaise, sans retarder l'alarme (si nécessaire), afin de pouvoir documenter la situation.
  • Dans les situations de stress, c'est un excellent outil pour faire de la prévention et ouvrir la discussion avec la victime.
  • ...

 

Comment bien la mesurer ?

  • Mettre la personne au repos assis ou semi-assis.
  • Enlever les vêtements situés sur le bras où vous désirez prendre la tension artérielle. Prenez un membre valide et non douloureux (il n'y a pas de côté de préférence).
  • Positionner la manchette 2-3cm au dessus du pli du coude.
  • Suivre le dessin sur la manchette avec le câble en bas sur l’artère humérale.
  • Prendre la tension artérielle selon le mode d'emploi de l'appareil (voir vidéo ci-dessous). Nous vous recommandons de prendre 3 fois cette mesures dans un intervalle de 2 à 5 minutes.
  • Lire les chiffres de haut en bas.
  • Pour certains appareils automatiques, un indicateur de couleur sur le côté de l’appareil avec une flèche indique si c’est dans la norme.

 

La tension artérielle varie naturellement au cours de la journée en fonction de l'activité physique, du stress, des émotions, de l'alimentation et du repos. C'est pourquoi il est nécessaire de la mesurer plusieurs fois, dans de bonnes conditions, pour évaluer si elle est normale.

Votre tensiomètre, principalement les appareils automatiques, est très sensible, c'est pourquoi Formamed vous recommande de toujours prendre minimum trois valeurs comparatives.

 

 

Avez-vous déjà entendu parler de l'indice de choc ou de l'état de choc ?

Il est régulier d'entendre des secouristes dire que la victime est choquée ou en état de choc.

Ce point ne veut rien dire sans d'autres paramètres (problème émotionnel ou physique).

L'indice de choc nous prévient d'un problème circulatoire (souvent présent dans les situations instables). Indice de choc = fréquence cardiaque ÷ pression artérielle systolique. Quand la fréquence cardiaque est plus haute que la valeur systolique (chiffre du haut ) cela est souvent un critère d'urgence. 

Comme vous allez le voir ci-dessous, nous n'avons pas besoin d'une tension artérielle pour confirmer une urgence, par contre celle-ci peut nous prévenir d'une installation d'un état de choc, c'est pourquoi nous l'utilisons régulièrement comme outil de surveillance. 

Dans les soins d'urgence, nous parlons d'un état de choc lorsqu'il y a une déficience des organes en oxygène. Dans cette situation, l'alarme au 144 doit être donnée sans délais et les paramètres vitaux ne doivent jamais retarder les soins d'urgence.

Celui-ci peut être dû à une hémorragie (choc hémorragique), un problème infectieux (choc septique), un problème cardiaque (choc cadiogénique), ...   

Voici quelques symptôme d'un état de choc (liste non exaustive) :

  • pâleur ou teint grisâtre ;
  • peau froide et moite ;
  • sueurs ;
  • pouls rapide, parfois faible ;
  • respiration rapide ;
  • angoisse, agitation ou confusion ;
  • soif importante ;
  • vertiges ou faiblesse ;
  • diminution progressive de la vigilance ;
  • dans les formes graves : perte de connaissance.

 

Conclusions:

L'ABCDE doit rester votre priorité dans l'évaluation de l'état d'une victime, les paramètres vitaux sont des outils qui vous permettent de contrôler les valeurs au moment T pour confirmer que la victime va bien ou pour transmettre ces éléments aux secours professionnels à leur arrivée.

Le pouls est une valeur fiable et facile à prendre. Nous vous conseillons de le contrôler dans toutes les situations, sauf en cas d'inconscience (pour rappel, dans cette situation c'est la respiration le paramètre primordial).

A l'inverse, la tension artérielle doit être prise dans les situations stables, lors d'une surveillance ou dans quand nous désirons exclure un autre problème.

Formamed vous recommande de systématiquement noter ces valeurs sur votre rapport, afin de documenter votre travail.  Nous vous conseillons fortement de suivre des formations spécifiques, car la maîtrise de ces paramètres vitaux (principalement la tension artérielle) est obligatoire pour la réussite de l'intervention.

 

Cet article a été créé par Lara Gruaz et Michael Terrapon, deux formateurs de Formamed

 

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